« Pas une seconde, je n’ai donné mon consentement à monsieur Pelicot, pas plus qu’à ces hommes qui sont derrière moi, a-t-elle rappelé. C’est absolument abject de le penser. Je me sens humiliée depuis que je suis dans cette salle. On me dit alcoolique, complice de monsieur Pelicot, j’ai tout entendu dans cette salle. Il faut vraiment beaucoup de patience pour entendre tout ce que j’entends. » Des premiers mots comme un bilan des deux semaines qui ont entrecoupé ses passages à la barre à encaisser les versions de certains accusés.
Alors Gisèle Pelicot a haussé le ton. Cette fois, on a senti la même force que lors de sa première audition. Avec en caisse de résonance les vagues de soutien successives qu’elle reçoit du monde entier. « On a débattu pour savoir s’ils avaient passer trois minutes, une demi-heure ou trois heures… Mais est-ce que c’est une question de temps le viol ? Si ces personnes voyaient leur fille, leur sœur dans cette situation, est-ce qu’ils verraient ça comme ça ? Ils sont venus me violer, peu importe le temps qu’ils y ont passé. Ce que j’entends ici est dégradant, c’est humiliant. »